Les normes DVB (Digital Video Broadcasting) sont une famille de spécifications ouvertes qui permettent de diffuser des services audiovisuels numériques — télévision, radio et données — par satellite, câble, réseau hertzien terrestre et, plus récemment, réseaux IP. Elles définissent notamment la modulation radio, la correction d’erreurs, le multiplexage et certains mécanismes d’accès conditionnel.
Pourquoi les créer ?
Au début des années 1990, la télévision analogique utilisait beaucoup de spectre pour peu de programmes et ne permettait ni une grande souplesse de services, ni une interopérabilité européenne satisfaisante. Les diffuseurs, industriels de l’électronique et régulateurs européens voulaient donc une approche commune pour faire passer la TV au numérique.
Le numérique permet de regrouper plusieurs chaînes et services dans une même ressource de diffusion — un multiplex — avec une qualité et une robustesse adaptées au média employé. Il rend aussi possibles des fonctions telles que l’audio multilingue, les sous-titres, le guide de programmes, la radio numérique, les services de données et la télévision payante.
Origine et dates
Le DVB Project est né en septembre 1993, lorsque l’European Launching Group a signé un protocole d’accord et pris le nom de Digital Video Broadcasting Project. Il s’agit d’un consortium industriel piloté par le marché, chargé de produire des spécifications techniques ouvertes pour la diffusion numérique.
Les premières étapes importantes sont :
| Norme | Support | Adoption / arrivée |
|---|---|---|
| DVB-S | Satellite | Système adopté en 1994 ; premières offres européennes au printemps 1995, notamment via Canal+ en France. |
| DVB-C | Réseau câblé | Fait partie de la première génération DVB développée pour les réseaux câblés au milieu des années 1990. |
| DVB-T | TNT, antenne râteau | Système adopté en 1997 ; premières diffusions en 1998 au Royaume-Uni et en Suède. |
| DVB-S2 | Satellite, génération 2 | Évolution plus efficace du DVB-S, notamment pour transporter davantage de débit dans une même bande passante. |
| DVB-T2 | TNT, génération 2 | Évolution du DVB-T visant une meilleure efficacité spectrale et davantage de capacité par multiplex. |
Comment cela fonctionne
Une chaîne n’est pas simplement « envoyée » sur une fréquence : elle est d’abord compressée avec un codec vidéo et audio, puis encapsulée avec d’autres flux dans un multiplex. La norme DVB choisie adapte ensuite ce flux au canal de transport : modulation et correction d’erreurs pour survivre aux perturbations, bruit, échos ou atténuations.
Exemple : pour la TNT, le multiplex est émis par voie hertzienne avec DVB-T ou DVB-T2 ; pour le satellite, le principe est analogue mais la couche radio utilise DVB-S ou DVB-S2, car les contraintes physiques ne sont pas les mêmes.
Les sigles à retenir
- DVB-T / DVB-T2 : télévision numérique terrestre, reçue via une antenne râteau ; en France, c’est la famille historique de la TNT.
- DVB-S / DVB-S2 : diffusion par satellite ; très utilisée pour les bouquets et les liaisons de contribution.
- DVB-C / DVB-C2 : diffusion sur réseaux câblés.
- DVB-I : découverte et distribution de services télévisés via Internet, pensée pour rapprocher diffusion broadcast et IP. Le DVB Project cherche précisément à employer des solutions communes entre satellite, câble, terrestre et haut débit.
- DVB-CI / CI+ : interface entre un téléviseur ou décodeur et un module d’accès conditionnel, par exemple pour une carte d’abonnement.
À ne pas confondre
Le DVB n’est pas un codec : DVB-T2 ne dit pas à lui seul si l’image est encodée en MPEG-2, H.264/AVC ou HEVC/H.265. Il décrit principalement la façon de transporter et diffuser les flux ; le codec détermine plutôt comment l’audio et la vidéo sont compressés. Le projet DVB avait initialement pour objectif d’établir le cadre de services de télévision numérique basés sur MPEG-2, puis son périmètre a évolué avec les technologies de diffusion.




