Le DVB-C (Digital Video Broadcasting – Cable) est la norme de diffusion de télévision numérique sur les réseaux câblés coaxiaux. Elle applique les principes DVB à un réseau fermé et maîtrisé, où le signal est amplifié tout au long du parcours : cela autorise une modulation plus dense qu’en réception terrestre ou satellite.
Origine
DVB-C fait partie des premières normes du projet DVB : l’ETSI l’a publiée en 1994 sous la référence EN 300 429. Elle vise la distribution multiprogramme de télévision numérique par câble, en cohérence avec l’écosystème MPEG et les autres variantes DVB.
Son but était de remplacer progressivement la télévision analogique câblée, afin de transporter davantage de chaînes, une meilleure qualité d’image et de son, ainsi que des données associées dans une bande de fréquences comparable.
Principe de transport
Comme en DVB-S ou DVB-T, les flux audio, vidéo et de données sont regroupés dans un multiplex. Ce multiplex est généralement transporté sous forme de paquets MPEG Transport Stream de 188 octets.
Une fréquence câble ne correspond donc pas nécessairement à une seule chaîne. Un opérateur y place plusieurs programmes, leurs pistes audio, sous-titres, EPG, signalisation DVB et, éventuellement, les données nécessaires à un système de contrôle d’accès.

Pourquoi la QAM ?
DVB-C utilise une modulation QAM (Quadrature Amplitude Modulation). Contrairement à la QPSK de DVB-S, elle agit à la fois sur l’amplitude et la phase du signal, ce qui permet de transporter plus de bits par symbole.
La norme prévoit notamment les constellations 16QAM, 32QAM et 64QAM ; les systèmes modernes emploient aussi couramment 256QAM. Plus la constellation comporte d’états, plus le débit potentiel augmente, mais plus elle devient sensible au bruit, à l’atténuation et aux défauts du réseau.
| Modulation | Bits par symbole | Compromis |
|---|---|---|
| 16QAM | 4 | Robuste, capacité modérée |
| 64QAM | 6 | Compromis historique de DVB-C |
| 256QAM | 8 | Très efficace, mais demande un réseau propre |
Le câble est un environnement favorable à ces modulations : le signal est injecté et contrôlé par l’opérateur, amplifié sur le réseau, et le rapport signal/bruit est habituellement meilleur que pour une liaison satellite ou hertzienne.
Bande et débit
En Europe, un canal DVB-C occupe habituellement 8 MHz ; dans certaines régions, notamment en Amérique du Nord, on rencontre des canaux de 6 MHz. Avec du 256QAM, un canal européen peut fournir environ 38 Mbit/s bruts avant prise en compte des surdébits et mécanismes de transmission.
Cette capacité est ensuite répartie entre les chaînes et services du multiplex. Par exemple, un même canal peut accueillir plusieurs chaînes HD encodées efficacement, ou davantage de chaînes SD, selon le codec utilisé, la qualité visée et la place réservée aux informations de service.
Correction et égalisation
Le signal DVB-C est protégé par une correction d’erreurs directe (FEC). La norme utilise notamment un codage Reed–Solomon qui ajoute 16 octets de redondance à chaque paquet MPEG-TS de 188 octets, ce qui conduit à des paquets protégés de 204 octets sur le canal.
Le récepteur emploie aussi un égaliseur pour compenser les échos et déformations introduits par le réseau coaxial : défauts d’adaptation d’impédance, connecteurs, dérivations, répartiteurs ou prises terminales peuvent provoquer de l’interférence intersymbole.
L’objectif de la chaîne est une réception dite QEF (Quasi Error Free) : environ un événement d’erreur non corrigée par heure au niveau d’un décodeur de service TV à 5 Mbit/s.
Installation côté abonné
La réception nécessite généralement :
- Une arrivée coaxiale de l’opérateur, habituellement en 75 ohms.
- Un téléviseur doté d’un tuner DVB-C, ou un décodeur câble externe.
- Une recherche des services avec les paramètres fournis par l’opérateur : fréquence, modulation, débit symbole et parfois identifiant réseau.
- Pour les offres payantes, un décodeur opérateur ou un module CAM/CI+ avec carte ou droits d’accès compatibles.
Un téléviseur affichant « DVB-T/C » dispose souvent d’un tuner combiné terrestre et câble. Cela ne signifie pas qu’il est compatible avec n’importe quelle offre commerciale : l’opérateur peut imposer un chiffrement, un système de droits ou une box spécifique.
DVB-C, DVB-T et DVB-S
| Caractéristique | DVB-C | DVB-T / T2 | DVB-S / S2 |
|---|---|---|---|
| Support | Réseau câblé coaxial | Onde hertzienne terrestre | Liaison satellite |
| Modulation principale | QAM | OFDM | QPSK, 8PSK ou APSK |
| Environnement | Réseau contrôlé | Échos, mobilité, brouillage | Grande distance, bruit, pluie |
| Densité possible | Élevée | Optimisée pour robustesse multi-trajets | Dépend du bilan de liaison |
| Compatibilité directe | Non compatible DVB-T | Non compatible DVB-C | Non compatible DVB-C |
Les trois systèmes peuvent transporter des contenus similaires — chaînes TV, radios et données — mais leur couche radio est conçue pour les contraintes propres à chaque support. Un tuner DVB-T seul ne peut donc pas décoder directement un multiplex DVB-C.
DVB-C2
Le DVB-C2 est l’évolution de DVB-C. Il améliore l’efficacité spectrale et introduit notamment une transmission multiporteuse de type OFDM, une correction d’erreurs LDPC/BCH et des modulations plus élevées.
Cependant, DVB-C reste très présent : l’évolution des réseaux câblés s’est aussi faite par d’autres technologies de données, notamment DOCSIS, tandis que les opérateurs continuent fréquemment de distribuer la télévision linéaire en DVB-C.


