Claypaky est un constructeur italien majeur de projecteurs professionnels pour le spectacle : lyres motorisées, scanners, projecteurs beam/spot/wash, barres d’effets et éclairage architectural. La société est implantée à Seriate, près de Bergame, dans le nord de l’Italie.

Les origines

Claypaky a été fondée le 28 août 1976 par Pasquale “Paky” Quadri. Le nom de l’entreprise associe son surnom, Paky, au prénom d’un ami musicien, Clay, décédé peu avant la création de la société.

À ses débuts, Claypaky travaillait surtout pour les discothèques. L’objectif n’était pas seulement d’éclairer, mais de produire des effets visuels spectaculaires synchronisés avec la musique :

  • rayons colorés ;
  • miroirs tournants ;
  • gobos ;
  • effets stroboscopiques ;
  • changements de couleurs ;
  • mouvements automatisés.

L’entreprise a progressivement évolué des effets mécaniques de discothèque vers les projecteurs intelligents programmables utilisés dans les concerts, les théâtres et les plateaux de télévision.

Quelques produits historiques importants

Astrodisco

Présenté au début des années 1980, l’Astrodisco utilisait une source lumineuse et un ensemble optique pour projeter de nombreux faisceaux colorés dans une salle. Il représente bien la première période Claypaky, très orientée vers les clubs et les discothèques.

Brilliant

Lancé dans les années 1980, le Brilliant faisait partie des premiers projecteurs Claypaky commandés numériquement. Il annonçait les futurs projecteurs automatisés, même si sa mécanique et ses possibilités étaient encore éloignées des lyres actuelles.

Golden Scan

Le Golden Scan, apparu à la fin des années 1980, est probablement le produit qui a véritablement établi la réputation internationale de Claypaky.

Il s’agissait d’un scanner : la lampe et l’optique restaient fixes dans le projecteur, tandis qu’un miroir motorisé orientait le faisceau. Ce principe permettait des mouvements très rapides, car le miroir était beaucoup plus léger qu’une tête complète.

Les différentes générations ont notamment inclus :

  • Golden Scan ;
  • Golden Scan 2 ;
  • Golden Scan 3 ;
  • Golden Scan HPE ;
  • Super Scan ;
  • Mini Scan.

Le Golden Scan a été très présent dans les discothèques, les tournées et les grands spectacles des années 1990.

Scanner et lyre motorisée

Claypaky a participé à la transition entre deux grandes familles de projecteurs automatisés.

Scanner

Dans un scanner :

  • le corps du projecteur est fixe ;
  • la lampe et les roues optiques restent dans le châssis ;
  • un miroir externe se déplace sur deux axes.

Avantages :

  • mouvements très rapides ;
  • mécanique relativement légère ;
  • faisceau vif et précis.

Inconvénients :

  • angle de mouvement limité ;
  • miroir fragile et exposé ;
  • amplitude moins naturelle qu’une lyre.

Lyre motorisée

Dans une lyre :

  • toute la tête optique pivote en pan et tilt ;
  • le projecteur peut effectuer de grands mouvements ;
  • l’orientation est plus polyvalente.

Les progrès des moteurs, de l’électronique et de la réduction du poids ont progressivement fait de la lyre le format dominant.

La gamme Stage

Dans les années 1990 et 2000, Claypaky a développé plusieurs gammes de lyres et de projecteurs professionnels :

  • Stage Scan ;
  • Stage Color ;
  • Stage Zoom ;
  • Stage Profile ;
  • Stage Light.

Ces appareils utilisaient principalement des lampes à décharge puissantes et des systèmes optiques complexes :

  • mélange de couleurs ;
  • roues de gobos ;
  • prismes ;
  • iris ;
  • focus ;
  • zoom ;
  • frost ;
  • couteaux sur certaines versions.

La gamme Alpha

La série Alpha a marqué une nouvelle étape dans les années 2000. Elle comprenait différentes familles :

  • Alpha Spot ;
  • Alpha Wash ;
  • Alpha Profile ;
  • Alpha Beam.

L’Alpha Beam 300 a notamment contribué à populariser les projecteurs de type beam. Contrairement à un spot classique, un beam produit un faisceau extrêmement étroit, très lumineux et presque parallèle, conçu pour être visible dans la fumée ou le brouillard scénique.

La faible ouverture donne l’impression d’une colonne de lumière plutôt que d’une simple zone éclairée.

Le Sharpy

Le Sharpy, lancé au début des années 2010, est devenu l’un des produits les plus emblématiques de Claypaky.

Son succès reposait sur plusieurs caractéristiques :

  • appareil compact ;
  • lampe relativement peu puissante ;
  • rendement optique très élevé ;
  • faisceau extrêmement étroit ;
  • mouvements rapides ;
  • consommation et poids inférieurs à ceux des gros projecteurs de l’époque.

Il a été massivement utilisé dans les concerts, émissions télévisées, festivals et tournées internationales. Le terme « Sharpy » est même parfois utilisé abusivement par les techniciens pour désigner n’importe quelle petite lyre beam, comme une marque devenue un nom générique.

La famille a ensuite été étendue avec des modèles comme :

  • Sharpy Wash ;
  • Sharpy Plus ;
  • Sharpy X Frame ;
  • Ultimo Sharpy.

Le Mythos

Le Mythos a introduit un concept hybride très performant. Il pouvait fonctionner à la fois comme :

  • spot à zoom ;
  • beam très serré ;
  • projecteur d’effets.

Il associait une grande lentille frontale, un faisceau puissant et un système optique capable de passer d’un faisceau étroit à une projection plus large avec gobos et effets. Il a participé au développement de la catégorie des projecteurs hybrides beam/spot.

Passage aux LED

Comme les autres fabricants professionnels, Claypaky est progressivement passé des lampes à décharge aux LED.

Les avantages des LED sont notamment :

  • durée de vie plus longue ;
  • consommation réduite ;
  • moins de chaleur ;
  • modulation plus rapide ;
  • absence de temps de réamorçage ;
  • possibilité d’éteindre et rallumer instantanément ;
  • mélange de couleurs directement à la source sur certains modèles.

Claypaky a développé plusieurs familles LED, dont Axcor, ainsi que des modèles plus récents destinés aux tournées et aux installations extérieures.

Les LED n’ont cependant pas immédiatement remplacé les lampes. Pendant plusieurs années, les lampes à arc conservaient un avantage important pour produire des faisceaux extrêmement concentrés et intenses.

Les différentes catégories actuelles

Le catalogue Claypaky comprend principalement :

Beam

Un faisceau très étroit, destiné aux effets dans l’espace et dans la fumée.

Spot

Un projecteur capable de projeter nettement des gobos, avec focus, couleurs et souvent zoom.

Wash

Un faisceau plus large et doux, destiné à éclairer une zone, un décor ou des personnes.

Profile

Un projecteur équipé de couteaux motorisés permettant de découper précisément la forme du faisceau.

Hybride

Un appareil combinant plusieurs usages, par exemple beam, spot et parfois wash.

Effets et battens

Des barres ou projecteurs multipixels produisant :

  • effets de matrice ;
  • strobe ;
  • nappes lumineuses ;
  • pixels contrôlables individuellement ;
  • mouvements continus sur certains modèles.

Le contrôle des anciens appareils

Les premières générations Claypaky n’utilisaient pas nécessairement le DMX512.

Selon les modèles et les époques, on rencontre :

  • commandes analogiques ;
  • liaisons propriétaires ;
  • PMX Pulsar ;
  • RS-232 ou RS-423 ;
  • DMX512 sur les générations suivantes.

La proximité de Claypaky avec le marché des discothèques et avec les consoles Pulsar explique la présence du PMX sur plusieurs anciens appareils.

Sur certains appareils, le PMX et le DMX existaient simultanément, parfois avec :

  • deux connecteurs différents ;
  • une carte électronique optionnelle ;
  • un sélecteur de protocole ;
  • un adressage spécifique selon l’entrée employée.

Il faut donc toujours consulter la notice exacte avant de connecter une interface. Une prise XLR 3 ou 5 broches ne garantit pas qu’il s’agit de DMX.

La place de Claypaky dans l’histoire de l’éclairage

Claypaky n’a pas inventé seule le projecteur automatisé, mais elle a joué un rôle important dans sa démocratisation et son évolution, notamment grâce à :

  • la vitesse des scanners ;
  • les effets optiques de discothèque ;
  • l’emploi de moteurs pas à pas ;
  • les lyres professionnelles ;
  • les projecteurs beam compacts ;
  • les appareils hybrides ;
  • l’optimisation du rendement optique.

L’entreprise a toujours accordé une grande importance au faisceau lui-même : netteté, homogénéité, contraste des gobos et puissance perçue.

Changements de propriétaire

Claypaky a été indépendante jusqu’en 2014, puis a rejoint le groupe Osram. Elle a ensuite été reprise par ARRI en 2022.

En mai 2025, ARRI a annoncé la cession de Claypaky à EK Inc./EK Lights. Claypaky indique être devenue membre d’EK Lights en mai 2025, tout en conservant son siège ainsi que ses compétences essentielles de recherche, développement et opérations en Italie.

Claypaky et ADB

Ce rapprochement est intéressant par rapport à ta question initiale sur ADB62.5 : la marque ADB fait également partie du périmètre associé à Claypaky. ADB est historiquement tournée vers le théâtre, les gradateurs et les projecteurs conventionnels, tandis que Claypaky est davantage connue pour les projecteurs automatisés et les effets de spectacle. L’acquisition par EK Lights en 2025 concernait Claypaky ainsi que sa marque théâtrale ADB.

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