Le DVB-T (Digital Video Broadcasting – Terrestrial) est la norme de télévision numérique diffusée par voie hertzienne terrestre : c’est le principe de la TNT reçue avec une antenne râteau. Publiée en 1997, elle remplace la diffusion analogique en permettant d’acheminer plusieurs chaînes, radios et données sur une même fréquence radio.
Son objectif
La diffusion terrestre est difficile : le signal peut arriver au récepteur par plusieurs chemins, par exemple directement et après réflexion sur un immeuble, un relief ou le sol. Ces signaux retardés créent des échos radio et peuvent brouiller une modulation classique.
DVB-T a donc été conçu pour rester exploitable en réception fixe ou mobile légère, y compris en ville et dans les réseaux à fréquence unique. Il améliore aussi l’usage du spectre : un multiplex numérique remplace une ancienne fréquence analogique mono-chaîne par un ensemble de services.
Le DVB-T définit le transport et la transmission radio ; il ne choisit pas à lui seul le codec vidéo. Ainsi, une chaîne peut employer MPEG-2, H.264/AVC ou un autre codec, selon les décisions nationales et l’évolution du réseau.
Pourquoi le COFDM ?
Le cœur radio du DVB-T est le COFDM (Coded Orthogonal Frequency Division Multiplexing). Au lieu d’envoyer toutes les données sur une porteuse radio unique, l’émetteur les répartit sur des milliers de sous-porteuses étroites et orthogonales.
Le DVB-T prévoit principalement :
- Le mode 2K, avec 1 705 sous-porteuses utiles, adapté à certains scénarios plus dynamiques.
- Le mode 8K, avec 6 817 sous-porteuses utiles, particulièrement utile pour les réseaux de diffusion étendus et les échos plus longs.
Chaque sous-porteuse a un débit faible, donc une durée de symbole relativement longue. Cela aide le récepteur à séparer le signal utile de ses répliques retardées.
Intervalle de garde
Entre deux symboles OFDM, DVB-T ajoute un intervalle de garde : une courte copie de la fin du symbole précédent est placée devant le symbole. Les échos reçus pendant cet intervalle n’endommagent alors pas la partie utile du symbole.
Les valeurs possibles sont 1/4, 1/8, 1/16 et 1/32 de la durée utile du symbole. Un intervalle long tolère davantage les échos et facilite les réseaux SFN, mais diminue légèrement le débit réellement disponible.
Modulations et débit
Chaque sous-porteuse peut employer une modulation plus ou moins dense : QPSK, 16QAM ou 64QAM. Une modulation dense transporte davantage de données, mais exige un signal plus propre.
| Modulation | Bits par symbole | Usage typique |
|---|---|---|
| QPSK | 2 | Très robuste, capacité faible |
| 16QAM | 4 | Compromis robustesse / capacité |
| 64QAM | 6 | Débit élevé, couverture plus exigeante |
Le débit final dépend aussi du taux de correction d’erreurs et de l’intervalle de garde. Dans un canal TV de 8 MHz, le DVB-T européen fournit typiquement une capacité utile comprise approximativement entre 5 et 24 Mbit/s selon la configuration retenue.
Correction d’erreurs
DVB-T combine un codage convolutif et un code Reed–Solomon, avec entrelacement. Le principe est d’ajouter de la redondance afin que le téléviseur puisse corriger une partie des erreurs causées par le bruit, les parasites ou les variations de réception.
Comme pour les autres systèmes DVB, il existe un compromis permanent : une protection forte améliore la couverture et la stabilité, mais réduit la capacité disponible pour les chaînes.
Réseaux SFN
Un point fort important du DVB-T est le SFN (Single Frequency Network), ou réseau à fréquence unique. Plusieurs émetteurs synchronisés diffusent exactement le même multiplex sur la même fréquence.
Pour le récepteur, les émissions des différents émetteurs peuvent alors être traitées comme des trajets multiples, à condition que leurs retards restent dans l’intervalle de garde. Cela limite le nombre de fréquences nécessaires et aide à construire une couverture homogène, mais demande une synchronisation très rigoureuse entre sites.
DVB-T en France
En France, DVB-T a été utilisé pour la TNT ; il a notamment transporté des chaînes SD en MPEG-2 et des chaînes HD en MPEG-4/H.264. La présence d’un tuner DVB-T dans un téléviseur indique la compatibilité avec la couche de transmission terrestre de première génération, pas forcément avec les codecs récents ni avec DVB-T2.
Aujourd’hui, le DVB-T2 constitue l’évolution naturelle : il conserve l’approche OFDM mais apporte un codage plus performant, davantage de configurations et une capacité typique plus élevée. Un tuner DVB-T seul ne décode pas automatiquement un multiplex DVB-T2.
