Le DVB-T2 (Digital Video Broadcasting – Second Generation Terrestrial) est la deuxième génération de diffusion télévisée numérique terrestre. Il remplace techniquement le DVB-T pour offrir davantage de débit, une meilleure robustesse et une gestion plus souple des multiplex TNT.
Objectif
Le DVB-T2 a été conçu pour exploiter plus efficacement le spectre radioélectrique terrestre, notamment afin d’acheminer des chaînes HD, UHD, de l’audio et des données dans une même largeur de canal. Il apporte typiquement 30 à 50% de capacité supplémentaire par rapport au DVB-T, selon les paramètres retenus et le niveau de robustesse exigé.
Il utilise toujours une antenne râteau et des émetteurs terrestres ; ce n’est donc pas une technologie Internet, câble ou satellite. En revanche, un tuner DVB-T seul ne peut pas décoder une émission DVB-T2.
Principe radio
Comme le DVB-T, DVB-T2 repose sur l’OFDM/COFDM : les données sont réparties sur un très grand nombre de sous-porteuses orthogonales. Cette méthode résiste bien aux réflexions sur les bâtiments, au relief, aux échos et aux interférences caractéristiques de la réception hertzienne terrestre.
DVB-T2 ajoute davantage de modes OFDM : 1K, 2K, 4K, 8K, 16K et 32K. Les modes comportant beaucoup de porteuses permettent notamment de mieux gérer certains réseaux étendus à fréquence unique, au prix d’une synchronisation plus exigeante.
Correction d’erreurs
L’un des progrès majeurs est l’emploi d’un codage LDPC + BCH, également utilisé en DVB-S2 et DVB-C2. Le LDPC (Low-Density Parity-Check) corrige efficacement un grand nombre d’erreurs, tandis que le BCH termine la correction des erreurs résiduelles.
Par rapport au codage convolutionnel et Reed–Solomon du DVB-T, cette combinaison améliore le compromis entre débit et robustesse. L’opérateur peut soit augmenter la capacité, soit privilégier une réception plus stable à couverture comparable.
Modulations disponibles
DVB-T2 peut employer les constellations QPSK, 16QAM, 64QAM et 256QAM. Plus la constellation est dense, plus elle transporte de bits, mais plus elle requiert une bonne qualité de réception.
| Modulation | Bits par symbole | Intérêt principal |
|---|---|---|
| QPSK | 2 | Robustesse maximale, débit réduit |
| 16QAM | 4 | Compromis couverture / capacité |
| 64QAM | 6 | Capacité élevée |
| 256QAM | 8 | Débit maximal, réception plus exigeante |
La disponibilité de 256QAM est un avantage notable : le DVB-T classique s’arrêtait à 64QAM. Cependant, l’opérateur ne choisit pas toujours la modulation la plus dense, car la couverture réelle et la réception intérieure restent des critères essentiels.
Intervalle de garde
DVB-T2 conserve le principe de l’intervalle de garde : une portion du symbole OFDM est répétée afin que les signaux retardés, dus aux échos ou à plusieurs émetteurs, ne perturbent pas la partie utile du symbole.
C’est indispensable pour les réseaux SFN (Single Frequency Network), où plusieurs émetteurs synchronisés diffusent le même multiplex sur la même fréquence. Un intervalle plus long accepte des retards plus importants, mais réduit légèrement le débit net disponible.
PLP : une robustesse par service
Une innovation importante est le PLP (Physical Layer Pipe). Un même multiplex DVB-T2 peut contenir plusieurs « tuyaux » logiques, chacun réglé avec ses propres paramètres de robustesse : modulation, codage et entrelacement.
Par exemple, un opérateur pourrait protéger davantage une chaîne destinée à la réception intérieure, tout en affectant plus de capacité à un service UHD conçu pour une réception sur toit. Le récepteur peut aussi ne décoder que le PLP de la chaîne sélectionnée, ce qui réduit sa consommation électrique.
Constellations tournées
DVB-T2 peut employer des constellations tournées : les points de la constellation QAM sont pivotés et entrelacés de façon à mieux résister aux évanouissements sélectifs et à certaines perturbations radio.
Cette fonction n’augmente pas directement le débit, mais améliore la robustesse dans les zones où la réception est difficile, par exemple en intérieur ou dans des environnements urbains à trajets multiples.
Réseau MISO
DVB-T2 peut aussi utiliser le MISO (Multiple Input, Single Output). Deux antennes d’émission coordonnées envoient des versions codées du même signal, tandis que le récepteur n’a besoin que d’une seule antenne.
Cette technique peut améliorer la couverture ou la résistance aux variations de propagation, particulièrement dans certains déploiements SFN. Elle nécessite toutefois des équipements d’émission et une planification réseau compatibles.
Débit utile
Le débit final dépend de nombreux paramètres : largeur de canal — 1,7, 5, 6, 7, 8 ou 10 MHz — taille FFT, intervalle de garde, modulation, taux de codage, pilotes et configuration des PLP.
Dans un canal de 8 MHz européen, un multiplex DVB-T2 bien optimisé peut généralement transporter bien plus qu’un multiplex DVB-T, ce qui permet soit d’augmenter le nombre de services, soit d’améliorer leur qualité. C’est précisément ce gain qui rend la norme adaptée à la HD, à l’UHD et au codec HEVC/H.265.
DVB-T2 n’est pas HEVC
Il faut séparer trois notions :
| Élément | Rôle |
|---|---|
| DVB-T2 | Méthode de diffusion radio terrestre |
| HEVC / H.265 | Compression vidéo |
| TNT | Service de télévision terrestre et son organisation nationale |
Un multiplex DVB-T2 peut transporter de la vidéo MPEG-4/H.264 ou HEVC/H.265, selon le choix du diffuseur. À l’inverse, un téléviseur compatible HEVC mais seulement DVB-T ne recevra pas forcément un signal DVB-T2 : il doit être compatible avec les deux.
Compatibilité en France
La TNT française utilise historiquement le DVB-T, avec du MPEG-2 pour certaines chaînes SD puis du H.264/AVC pour la HD. Le DVB-T2 est notamment un candidat naturel pour une évolution future vers davantage de HD ou de l’UHD, mais sa réception exigerait des téléviseurs ou adaptateurs compatibles DVB-T2, en plus du codec choisi.
En pratique, pour vérifier un appareil, cherchez la présence explicite de « DVB-T2 » dans ses spécifications, puis vérifiez séparément la compatibilité HEVC/H.265 Main 10 si l’objectif est de recevoir des services UHD.